La vie des frères

Maison d’études Saint Laurent Bouar

Maison d’études Saint Laurent

Bouar

Le souci de la formation des futurs Frères Capucins habitait déjà quelques missionnaires dès leur arrivée en Centrafrique et au Tchad. Quelques jeunes ont été envoyés dans des couvents de France en 1956 et d’Italie en 1965 pour commencer leur formation. Mais le résultat n’a pas été probant car l’écart culturel entre le pays d’origine et le pays d’accueil semble trop important. Entre temps, les Supérieurs réguliers des Capucins du Tchad, de la RCA et de la RDC ont décidé de se retrouver régulièrement pour échanger leurs expériences. La 1ère rencontre s’est tenue à Bwamanda, en RDC, en novembre 1969. Elle a réuni 9 représentants des 250 Capucins, venus de 15 Provinces de l’Ordre qui sont missionnaires dans ces 3 pays. Un noviciat commun pour les ressortissants de ces pays est fondé à Ndim en Centrafrique. Il accueille les premiers novices en 1973. Après leur 1ère profession en 1975, il fallait assurer la suite de leur formation dans des maisons de post-noviciat. Plusieurs solutions ont été envisagées en divers lieux d’Afrique, d’Europe ou d’Amérique. Mais toutes ont été un échec.
Tandis que les Frères Africains se succèdent au noviciat, avec plus ou moins de réussites, il devient urgent de mettre en place une troisième étape de formation. La décision est alors prise de construire une véritable maison de formation. Le site choisi est à environ 4 kms de la ville de Bouar, sur une colline, au milieu des rochers, à 1000 mètres d’altitude. On entame aussitôt les travaux de construction. L’inauguration a eu lieu le 1er janvier 1995, sous le patronage de Saint Laurent de Brindisi, célèbre Capucin du XVIIème siècle, Docteur de l’Eglise.
C’est ainsi qu’après les années de formation initiale, au postulat de Goré au Tchad et au noviciat de Ndim en RCA, 6 premiers frères dont 4 Tchadiens et 2 Centrafricains ont pu commencer leur post-noviciat à Saint Laurent à Bouar. Sans tarder, il fallait mettre au point un programme de formation, et des Frères pour l’assurer. Ainsi s’est constituée une première équipe des formateurs. Cependant, il reste à trouver des professeurs pour assurer des cours. Les Pères Carmes, qui ont un projet semblable pour leur formation à Bouar, acceptent de prêter leur concours.
Il est aussi convenu que leurs étudiants viennent à Saint Laurent pour les cours. Par la suite, d’autres professeurs, Capucins, Carmes, Prêtres séculiers centrafricains et laïcs, sont venus partager leurs compétences, en Philosophie, Théologie, Ecriture Sainte, Histoire de l’Eglise, Spiritualité franciscaine, Sociétés et Cultures africaines, Islamologie etc. En 1998, les Capucins italiens implantés dans l’Ouest du Cameroun, ont demandé que leurs jeunes profès soient accueillis à Saint Laurent. Par le fait même, 3 nationalités africaines se trouvent réunies. Un problème de langue, le français en l’occurrence, se pose pour les Camerounais anglophones. Mais il est vite résolu, grâce à quelques cours intensifs et à la cordialité des uns et des autres.
A Saint Laurent, outre leur nécessaire présence auprès des jeunes, les Frères formateurs ont chacun à assurer divers autres ministères à l’extérieur de la Fraternité : aumônerie au monastère des Clarisses, au Collège Technique des Filles, tenu par les Sœurs Franciscaines, cours de spiritualité aux novices des deux communautés de religieuses (Oblates de Sainte- Thérèse et Franciscaines de la Propagation de la Foi), retraite et recollections périodiques, assistance de la Fraternité franciscaine séculière, ministère pastoral dans le secteur de brousse.
L’essentiel de la formation consiste dans l’apprentissage d’une vie évangélique, fraternelle, franciscaine, les études de Philosophie et de Théologie. L’eucharistie et l’oraison quotidienne, les journées de « désert » et les récollections périodiques de toute la fraternité entretiennent cet esprit de prière. La tenue régulière du « chapitre local » contribue à la maturation de l’esprit fraternel. Les autres domaines d’activités ne manquent pas : service de la maison, informatique, jardinage, sports où les Frères entrent en contact avec des équipes des jeunes de la ville et des environs. Ils se mettent aussi au service des pauvres dans les quartiers de la ville, font la catéchèse et animent des groupes de « jeunesse franciscaine ». Le Frère Ministre Custode a sa résidence à Saint Laurent dont il partage la vie. Mais il est fréquemment en visite dans l’une ou l’autre des Fraternités du Tchad et de la RCA et certaines sont situées à plus de 500 kms.

Projet et réalisation:
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